Réseau pour favoriser la prise en charge de l’IVG et de la Contraception en région Occitanie Pyrénées Méditerranée

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  5. Communiqué du réseau REIVOC quant aux propos du DR Bertrand De Rochambeau, alors président du syndicat des gynécologues obstétriciens (SYNGOF), du Mardi 11 septembre 2018

Communiqué du réseau REIVOC quant aux propos du DR Bertrand De Rochambeau, alors président du syndicat des gynécologues obstétriciens (SYNGOF), du Mardi 11 septembre 2018

C’est avec stupeur et indignation que nous avons entendu les propos du président du syndicat des Gynécologues -Obstétricien…

Nous sommes des professionnels de la santé à qui a été confiée la pratique qualifiée de l’interruption de grossesse non planifiée. Dans le cadre des lois votées depuis 1975 et constamment renouvelées, nous œuvrons à l’amélioration des conditions de vie et de santé de milliers de femmes.

Alors qu’en est-il de l ’emploi des termes « homicide » et « clause de conscience »

Homicide… Ce mot relève ici d’une idéologie ou d’une opinion personnelle qui ne saurait être imposée à tous, et l’IVG n’est pas un homicide aux yeux de la loi et de la société. C’est revenir, immanquablement, à la culpabilisation des femmes pour les empêcher, face à la maternité, de prendre leur décision de manière libre et sereine.

Nous refusons de revenir sur des discussions de morale déjà tranchées par les Lois depuis 1975.

Nous ne nous pouvons tolérer des propos inappropriés et scandaleux.

Nous sommes pour une santé globale des femmes et des hommes Rappelons qu’à chaque fois qu’un pays a légalisé l’avortement, la santé des femmes et des enfants en a immédiatement été meilleure et qu’il reste malheureusement aujourd’hui encore des femmes qui meurent des conséquences de l’interdiction de l’avortement : 1 femme toutes les 7 minutes dans le monde !!

« Clause de conscience »… si chacun a droit à ses croyances et à ses pratiques, elles ne peuvent pas empiéter sur le droit général. Le droit à la contraception et à l’IVG est solidement inscrit dans la loi. Il ne saurait y avoir de « loi professionnelle » qui exonère ou qui soit au-dessus du droit général.
Il n’y a donc pas besoin d’une clause de conscience spécifique à l’IVG.

La clause de conscience doit être supprimée.

Car, elle menace l’accès au droit à l’IVG. C’est d’ailleurs déjà le cas dans quelques territoires de France où la pratique de cette clause de conscience entrave l’accès à l’IVG : pas d’accompagnement, délais importants, pas de choix de méthodes alors que les femmes devraient pouvoir en bénéficier en toute légitimité et tranquillité.

Sinon, l ‘accès à l’IVG pour toutes les femmes ne sera pas respecté comme les lois votées depuis 40 ans l’exigent. Va-t-on revenir en arrière ? Devant la désertion des professionnels sur la question de l’accès à l’IVG (si prégnante dans certains pays d’Europe) il nous paraît important de rappeler que les professionnels de santé exerçants dans le cadre prévu par la loi doivent proposer aux femmes les solutions les mieux adaptées. Et que, loin des obscurantismes des siècles passés, les femmes et les couples puissent bénéficier de choix éclairés, libres et adaptés en terme de sécurité de santé, tant physique que psychique.

Nous récusons donc ces paroles regrettables dans la bouche d’un médecin gynécologue et syndicaliste dont le seul souci devrait être la bonne santé de ses patientes à tous les moments de sa vie et de sa fécondité.

Pour le réseau REIVOC,
Anne AYOUB DELBREILH, présidente